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La commission de la Défense de l'Assemblée nationale vient de lancer une étude sur le mode de propulsion - conventionnelle ou nucléaire - du second porte-avions français, un élément déterminant pour le choix du maître d'oeuvre de ce programme de plusieurs milliards d'euros.
Actuellement, la France n'a pas tranché entre les trois options possibles pour ce nouveau bâtiment, dont la livraison n'est pas attendue avant 2015.
La première option passerait par une coopération avec les Britanniques, qui viennent de retenir pour la construction de leurs deux porte-avions à propulsion classique un tandem constitué de BAE Systems , maître d'oeuvre, et du groupe français Thales dont l'architecture générale du projet a été retenue.
Lors du sommet franco-britannique début février au Touquet, Jacques Chirac a annoncé que la France allait lancer des études pour voir si le second porte-avions français pourrait être construit avec le Royaume-Uni.
Dans ce cadre, Thales aurait toutes les chances de jouer un rôle majeur alors que la maîtrise d'oeuvre du Charles-de-Gaulle avait été confiée à la Direction de la construction navale (DCN) associée au CEA pour les chaudières nucléaires. Si l'option britannique est retenue, la DCN pourrait ainsi devenir sous-traitant pour la partie de construction de la coque elle-même du bâtiment, la partie la plus lucrative revenant au groupe privé français.
Deuxième option, la construction d'un "sistership" du Charles-de-Gaulle, à propulsion nucléaire donc et qui bénéficierait de l'expérience accumulée sur son frère aîné.
Troisième option envisagée, le développement en national d'un porte-avions à propulsion classique.
"J'ai nommé une commission de quatre élus qui va travailler sur le mode de propulsion. Nous voulons être parfaitement éclairés sur ce problème important", a déclaré à Reuters Guy Teissier, président de la commission de la Défense de l'Assemblée nationale. Les quatre députés - Jérôme Rivière (UMP, Alpes-Maritimes), Patricia Adam (PS, Finistère), Marguerite Lamour (UMP, Finistère) et Charles Cova (UMP, Seine-et-Marne) - devraient remettre leur rapport dans deux ou trois mois, avant que le gouvernement définisse les grandes orientations du programme, autour du mois de juin. * Le premier déplacement de la mission s'effectuera à bord du Charles-de-Gaulle le 24 février prochain.
THALES MAÎTRE D'OEUVRE ?
Guy Tessier a déclaré qu'il ne serait pas choqué si Thales et non la DCN, qui va se transformer en société publique fin mai prochain, était retenu pour être maître d'oeuvre du nouveau porte-avions.
"Je ne trouverais pas cela choquant, ce sont de toute façon deux entreprises françaises et il pourrait y avoir un montage entre les deux sociétés", a souligné le président de la commission de la Défense.
La DCN et Thales ont créé une coentreprise, baptisée Armaris, chargée de la commercialisation de programmes conjoints à l'exportation ou de nouveaux programmes développés en commun.
Toutefois, la crainte est perceptible chez DCN, aussi bien du côté des syndicats que des salariés, de voir reléguer son rôle à celui de l'assemblage des coques face à Thales, désormais auréolé de ce qui est analysé comme un succès au Royaume-Uni.
"Le fait que la DCN devienne une société de droit privée, même à capitaux 100% public, témoigne de la volonté de la France d'évoluer vers la loi du marché", a souligné Guy Tessier. "D'ici quelques années, il n'y aura plus de sanctuaires ni de marchés garantis", a-t-il ajouté.
Avant la transformation de ses statuts, la DCN devra recevoir, une nouvelle fois, une injection de capitaux publics, estimée à au moins 540 millions d'euros.
"Il faut que les employés de DCN fassent leur révolution culturelle et qu'ils comprennent que la survie de cette entreprise ne se fera qu'au prix d'efforts consentis communément", a souligné le député des Bouches-du-Rhône.
"Les contribuables français ont fait de gros efforts depuis des années en mettant de l'argent au pot et le font encore aujourd'hui pour recapitaliser cette entreprise. Donc, on ne peut pas toujours tout demander", a-t-il observé.
Les négociations sont encore en cours avec Bercy, qui doit trancher prochainement sur le montant de la capitalisation de la société, qui pourrait être étalée dans le temps.
Sur le modèle qui avait été retenu lors de la création du Réseau ferré de france (RFF), l'Etat devrait conserver les grandes infrastructures de la DCN, les installations portuaires et tout ce qui à trait au nucléaire militaire.
Les principaux sites de la DCN - spécialisée dans la conception, la fabrication et la maintenance des bâtiments de guerre et de leurs systèmes - sont situés à Brest (3.600 personnes), Cherbourg (2.650 personnes) où se trouvent les sous-marins, Lorient (1.950 personnes), Toulon (2.900 personnes) et Indret, ce qui rend les élus locaux particulièrement sensibles à toutes les questions touchant l'emploi.
La DCN, qui compte depuis janvier 13.300 salariés, prévoit de ramener sans licenciement ses effectifs à 12.300 personnes d'ici mai 2005.
La direction de la DCN doit régler au cours des prochains le problème épineux des statuts du personnel.
De leur côté, Les syndicats ont suspendu toute négociation sur l'accord interne d'entreprise avec la direction dans l'attente du contenu du contrat d'entreprise négocié entre la DCN et le Trésor.
Ce contrat d'entreprise, qui devait être présenté dans le courant du mois aux partenaires sociaux, doit préciser notamment les gains de productivité attendus par l'Etat.
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